Ce n’est qu’un mauvais rêve?


Journal de bord d'une mini coureuse / mercredi, août 15th, 2018

Hello, j’espère que vous allez bien? Ici c’est compliqué depuis une quinzaine de jours. Dimanche 5 août, alors que j’attaquais une descente en courant, une violente douleur s’est réveillée dans mon genou droit. Impossible de continuer à courir, j’ai dû finir en marchant. Dans un premier temps, j’ai cru à une simple entorse, mais au fil des jours et de glaçages intensifs j’ai bien compris, que quelque chose ne tournait pas rond. Mon genou se dérobe et je n’ai aucune stabilité sur ma jambe. J’ai déjà vécu ce problème il y a 2 ans. Au fond de moi, une vilaine petite voix me disait que c’était une récidive de ce foutu ménisque. Bien entendu, j’ai bien essayé de faire la politique de l’autruche, c’est tellement plus facile d’ignorer le problème! Mais vendredi dernier, j’ai dû me résoudre à consulter le chirurgien en lui expliquant mes symptômes. Il a proposé de que je passe une IRM mais pas dans l’immédiat, sur rendez-vous. J’ai tellement insisté, en lui expliquant que j’avais Sierre-Zinal le dimanche et que je prendrais surement le départ même avec cette douleur,qu’il a fini par téléphoner en radiologie… Est-ce mon jour de chance? C’est les vacances et peu de monde en examen, donc c’est ok pour la faire tout de suite! Ouf, il faut bien re-la-ti-vi-ser.

Je passe donc cette IRM et à la fin de l’examen, je vois le médecin radiologue s’approcher de moi… il me regarde, et m’annonce froidement que j’ai une rupture du ménisque. À ce moment-là, je ne réalise pas ce qui se passe, sous le choc je n’assimile pas la suite de la discussion. Je monte dans l’ascenseur, complètement anéantie pour prendre place dans la salle d’attente du chirurgien. Après quelques instants, il vient me chercher et me dis: asseyez-vous (sans blague, je ne vais pas rester debout).

Vous avez déjà encaissé la nouvelle auprès du radiologue? Je lui réponds que oui mais que je n’ai pas encaissé hein. Je lui répète que j’ai une course le dimanche, que c’était super important pour moi, bref je ne parle pas à la bonne personne et me fait bien sentir qu’il n’est pas psy… merci pour l’empathie cher Docteur… Je comprends très vite que je dois à nouveau passer par l’opération. Mais je crois qu’à cet instant, il ne sait pas ce qui se passe dans ma tête.

J’avais tellement d’espoir que cela ne soit qu’une entorse, que le repos serait forcé quelque temps. Mais pas de subir encore une arthroscopie qui m’a laissé la dernière fois un douloureux souvenir tellement j’ai eu mal au réveil. Sans parler des effets secondaires de la narcose: nausées, vomissements, urticaire. À mon avis, je n’ai pas supporté la morphine qu’on m’a administrée. Je suis allergique aux anti-inflammatoires et là c’est la merde.

Le pire dans tout ça, c’est que je n’ai pas très mal et mon genou n’est même pas spécialement enflé. Mais tous mes espoirs de faire cette course où je me suis tellement investi dans la préparation, s’effondrent🙁. Je sens que le sol se dérobe sous mes pieds. Ce corps qui me trahit encore et que je finis par détester de me lâcher encore. Tant de questions et si peu de réponses. Est-ce que je vais pouvoir continuer à courir? En sachant que c’est déjà la deuxième fois. À l’annonce de cette nouvelle, j’étais triste, frustrée, en colère. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Comment entrevoir un brin de lumière dans toute cette merde? Alors j’essaie instinctivement de trouver des solutions dans ma tête, envisager la suite et me dire qu’effectivement ça pourrait être pire. Mais à cet instant précis, malgré toute la misère du monde, pour moi il n’y a que ça qui compte, j’ai le coeur brisé. Pourquoi ne devrait-on pas se donner le droit d’être triste? Cela voudrait dire alors que toutes ces heures passées à s’entraîner n’ont aucune importance. Que tout l’investissement personnel et familial ne compte pas? Probablement que je n’ai pas su écouter les signaux d’alerte que mon corps m’a lancés. Ou simplement, la faute à pas de chance? Pas de réponses à tout ça.

Il va falloir que je m’adapte à cette situation que je n’avais pas prévue. Que je retrouve bientôt la force d’avancer et de regarder devant moi en me disant que le meilleur reste à venir.

A bientôt.

Laurence

 

4 réponses à « Ce n’est qu’un mauvais rêve? »

    1. Oui il faut que j’apprenne à être plus à l’écoute… je sais bien qu’il n’y a rien de dangereux dans mon malheur mais là je vais mettre du temps à encore encaisser… bisous Sophie et merci d’être passé ici.

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