Préparation Trail


Journal de bord d'une mini coureuse, Running / samedi, juillet 14th, 2018

À l’heure ou j’écris ces quelques lignes, je soupire en faisant le bilan de mon année personnelle et sportive qui fut chaotique et catastrophique. Pour commencer, j’ai passé le cap 2018 tant bien que mal. Toujours fatiguée ou malade, je passais des nuits qui n’étaient jamais réparatrices, les infections à répétition m’ont finalement poussé à consulter mon médecin à plusieurs reprises .

Le verdict tombe: maladie auto-immune Hashimoto.  Voilà maintenant 3 mois que je prends cette fameuse pilule miracle. C’est une hormone synthétique, la levothyroxine. Je me sens mieux, je ne m’effondre plus au moindre effort du moins plus comme en début d’année. Mes douleurs articulaires sont encore présentes et je ne sais pas si elles partiront un jour? Mes yeux, mon nez et ma gorge sont encore très secs. Tous ces symptômes me rappellent encore que je ne suis pas guérie et que je ne guérirai jamais. Chaque matin, comme un robot bien réglé, je prends mon cachet à jeun, j’attends 30 minutes avant d’avaler mon premier café et prendre mon petit déjeuner. C’est l’instant le plus critique de la journée.

L’année 2017 me laisse un goût amer. L’automne dernier, j’ai dû renoncer à faire le semi-marathon de Lausanne. Mon moral en avait pris un coup. Je m’étais entrainée sérieusement, suivant un plan qui me convenait parfaitement. Mais mon corps n’a pas voulu suivre ma tête, il a crié stop. J’ai pris ça comme une trahison. Encore une fois de plus, il me faisait faux bond! J’avais le sentiment, qu’à chaque objectif que je me fixais, arrivait forcément une merde sans nom pour que tout parte en fumée. Vous voyez de quoi je veux parler? La poisse.

Aujourd’hui, j’ose défier encore ce corps. J’ai envie de le porter dans les sommets. Mais pas n’importe quel sommet. Dans quatre semaines, si tout va bien, je vais prendre le départ d’un Trail long de 31 kilomètres et 2200D+, autant vous dire, que pour moi c’est le défi de cet été et/ou de ma vie?! J’ai envie de faire un joli pied de nez à cette maladie qui me bouffe. Lui mettre à mon tour une belle claque, qu’elle comprenne comment ça fait quand on a mal. Mais en attendant, et avant de prendre ma revanche, je dois me mettre en condition avec le temps qui m’est compté.

Cette semaine, j’ai commencé sérieusement à travailler le dénivelé. Car depuis le mois de mars je tourne souvent en rond comme un poisson rouge dans son bocal sur le tartan de la piste de la ville. Autant vous dire que c’est lassant à force. Aujourd’hui avec chéri, on a décidé de prendre en main mon entrainement accéléré! Pas le temps de répartir ça sur 3 mois. Car ce dossard isostar, je l’ai gagné la semaine dernière. Je vous avoue honnêtement que j’ai eu gros coup de stress quand j’ai appris la nouvelle. Mais en y réfléchissant, c’est peut-être le défi que je dois accomplir face à moi-même. Me retrouver seule dans la montagne, perchée à 2200m d’altitude comme seule compagnie, d’autres coureurs.

Je redécouvre mon corps, certes plus tout jeune, mais qui demande encore à bouger et oser quelques défis fous comme celui-ci. C’est une course prestigieuse ou l’élite et le populaire se rassemble le temps de quelques heures. Cette fameuse montée si difficile de 12 kilomètres au départ va être terrible et épuisante, mais je veux la faire! À ce jour, je me fixe surtout l’objectif de finir et surtout pas de passer la ligne dans de mauvaises conditions et toute cabossée. Alors j’apprends à écouter mon corps et ses signaux d’alertes, ce que je ne faisais pas avant d’être malade. Quand on est atteint d’hypothyroïdie, le risque, c’est la fatigue et de ne pas arriver à récupérer des séances difficiles… on élimine pas les toxines au même rythme que les autres, l’organisme fonctionne totalement au ralenti. Ce n’est pas facile d’accepter, mais que faire d’autre? Je ne veux pas subir alors j’essaie d’apprivoiser ce qui m’arrive et de voir les choses avec sérénité et me dire, que ça pourrait être pire.

Je découvre la course à pied sous un oeil totalement nouveau. Le Trail, je ne le connais pas et je me suis toujours dit : ça ne sera jamais pour moi. Courir en nature et se torcher sur les cailloux, je laisse ce plaisir aux autres. Mais il ne faut jamais dire jamais!

L’envie de partager cette aventure, de la mettre par écrit est importante pour moi. Car je veux me souvenir de tous les instants passés à m’entrainer, qu’ils soient inscrits ici. Que je puisse venir m’y réfugier dans les moments de découragements que j’aurai probablement au long de ce mois. La bataille va être rude!

À bientôt pour la suite…

Laurence 

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