Ma nouvelle copine Hashimoto


Santé & bien être / mardi, avril 17th, 2018

A cause de toi, je me réveille encore le matin en me disant: que tu n’es qu’un cauchemar. Et bien non, tu ne rêves pas, je suis bien réelle. Dès ton réveil, je te fais déjà sentir que je suis là. Tes yeux sont secs, ton nez et ta bouche également. Une fois sortie de ton lit, je te fais déjà mal dans tes articulations. Salut je suis ta nouvelle amie, je m’appelle Hashimoto. You and Me, c’est à la vie à la mort. 

Rien que le nom te glace le sang. Ton cerveau fait une sorte d’amalgame de mots et d’images terrifiantes.

Et là, c’est la panique!

À moins que ta nationalité est changé entre-temps? Ceci pour l’humour ^^

Tu es atteinte de la maladie d’Hashimoto, maladie auto-immune inconnue du public et pourtant, nous sommes environ 1/1000 ou plus probablement, à vivre avec cette maladie. Avec un peu de chance, tu seras diagnostiqué (e) assez rapidement pour bénéficier d’un traitement. Ou comme moi, tu vas pleurer un moment à te demander si tu n’es pas cinglée. Malheureusement, beaucoup de personnes des femmes pour la grande majorité, sont encore dans l’errance médicale, passerons de toubib en toubib sans comprendre ce qui passe réellement dans leur corps. Car les symptômes sont tellement variés que tu doutes sincèrement que cela soit possible de ressentir autant de choses en même temps.

À ses débuts, la thyroïde augmente de volume, parfois très lentement, en tout cas pas forcément de façon très importante au début. Les signes d’une insuffisance de fonctionnement surviennent en général dans un deuxième temps : fatigue, difficulté à réaliser ce qu’on faisait quelques mois auparavant sans peine, frilosité, prise de poids, constipation, cœur battant un peu plus lentement qu’habituellement. Mais au début, tous ces signes peuvent être dissociés. De plus, ils existent dans bien d’autres maladies et n’ont pas de spécificité. C’est pourquoi les dosages hormonaux thyroïdiens sont indispensables au diagnostic. Moins fréquemment, les thyroïdites auto-immunes, groupe dans lequel se trouve la thyroïdite de Hashimoto, peuvent induire une libération excessive d’hormones, donnant des signes inverses : énervement, amaigrissement, battements cardiaques rapides, sensation d’avoir toujours trop chaud sont de bons indices. La conjonction de tous ces signes et de quelques autres, moins évidents, correspond à une hyperthyroïdie. Mais, là aussi, notamment au début, il existe des formes trompeuses, frustes. Aussi, les dosages hormonaux sont-ils indispensables. Si rien n’est fait pour soigner l’hypothyroïdie, le coeur peut en souffrir gravement. J’avoue que je flippe un peu, car en janvier mon cardiologue a découvert une insuffisance de la valve aortique et une hypertension pulmonaire. Vendredi, j’ai un rendez-vous pour refaire un écho Doppler. Voir s’il y a du changement et si c’est nécessaire d’effectuer un cathétérisme cardiaque, car c’est avec cette méthode que le cardiologue pourra vraiment poser un diagnostic clair et si vraiment c’est la maladie qui a provoqué ces dégâts.

Ma nouvelle copine est une garce! Et oui, c’est compliqué entre elle et moi. Mais comme je dois la supporter, je m’accorde le droit de l’insulter de temps à autre.

Voici un peu la liste de ce qu’elle peut créer en vous cette nouvelle amie:

  • Fatigue, sécheresse de la peau, muqueuses et gain de poids, cool je comprends pourquoi je muais comme un serpent 
  • Un goitre (gonflement de la thyroïde qui se voit dans le cou), alors ça j’ai pas, ou c’est mon double menton??? 
  • Intolérance au froid, avec une température corporelle de 34,9 tu m’étonnes! 
  • Douleurs musculaires, faiblesse, voilà ce qui me réveillait toutes les nuits 
  • Douleurs articulaires, douleurs horribles celle là surtout quand il te faut 10 jours pour récupérer d’un 10 kilomètres alors que ça fait 4 ans que tu cours….
  • Constipation, oui, le bon côté des choses tu économises du papier… 
  • Transpiration réduite, ouais je comprends mieux pourquoi après ma course j’étais sèche…
  • Bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque), moi qui croyait que j’avais un coeur de sportive avec mes 45 de battements cardiaques et merde c’est pas ça… 
  • Menstruations irrégulières (en général ménorragie), ah oui je comprends mieux pourquoi la moitié du mois j’avais mes règles, voir parfois pas du tout pendant quelques mois…
  • Difficulté à tomber enceinte, je m’en fout et toc j’ai déjà donné à la société ^^ je déconne hein 🙂 
  • Perte de mémoire, démence et dépression, ouf me voilà rassurée sur mes oublis c’est pas alzheimer qui me guette
  • Perte de cheveux, ok heureusement que j’ai une touffe fournit 
  • Myxœdème et atrophie de la thyroïde, je n’ai pas ça ouff! Quoique oedème je connais dans la gorge peut-être lié ou pas… 
  • Baisse de la libido, sans blague??? 
  • Oedèmes, oui bonhomme Michelin! 

Pour ma part, j’ai ressenti la liste totale ou presque! Autant faire les choses propres en ordre n’est-ce pas? ce qui m’a bien pris la tête, c’est la prise de poids, 8 kilos en même pas 3 mois, le fait que je me suis aussi tuée la santé en faisant un foutu régime à 300 calories par jour, du sport à outrance et que rien n’y faisait, je ne perdais pas de poids… et le médecin qui vous laisse tomber, car il pense que vous êtes folle. Ou pire encore, vous envoie chez le psy pour en ressortir avec des médocs pour une pseudo dépression!

Je suis encore très fâchée contre ma généraliste, car depuis 3 ans que je lui remplis son porte-monnaie, une simple prise de sang aurait probablement détecté cette maladie. Mais non, à la place tout ce qu’elle me disait, c’était: il faut arrêter de vous épuiser avec la course à pied, c’est du surentraînement. Ou alors, c’est dans votre tête ou c’est la préménopause… Oui bien entendu, quand on accuse 8 fois des antibiotiques en une année pour des sinusites, otites, laryngites. Sans compter mes 2 oedèmes dans la gorge. C’est dans ma tête? Je peux dire merci à mon ORL qui m’a envoyé dans un service d’immunologie pour effectuer des analyses plus spécifiques.

Je n’aime pas ce que je suis devenue. Le matin je me regarde dans la glace, et j’ai l’impression de voir un hamster avec les joues bouffies et les paupières gonflées. Le teint terne et la peau qui pèle de partout, ça fait super mal. Je suis devenue une femme hyper sensible qui pleure et qui s’énerve pour un rien comme une femme enceinte! L’avantage quand vous attendez un bébé, c’est qu’on va vous pardonner cet état. Mais non, je suis désolée, je n’ai pas d’excuses à vous donner et c’est là, qu’on se heurte à l’incompréhension des autres qui ne veulent pas comprendre qu’une simple petite chose comme la thyroïde peut vous détruire autant. J’ai toujours été quelqu’un de dynamique et d’organisé, à l’heure à ses rendez-vous.

Maintenant, c’est plutôt: je n’arrive pas à me lever le matin, je suis dans le brouillard, fatiguée, et je n’ai envie de rien.

 

Sans oublier que j’ai de grosses difficultés de concentration et une mémoire de poisson rouge. J’ai développé une sorte de dyslexique… 15 jours que je prends mon médoc Eltroxyn cette petite hormone qui devrait en grande partie résoudre mes problèmes, mais sans garantie de succès, car Hashimoto ne se soigne pas, cette maladie n’est pas curable. Je dois me résoudre, ma glande subit une destruction massive jusqu’à probablement une disparition totale de celle-ci. Les poussées inflammatoires sont douloureuses, j’ai des maux de gorge récurrents, comme une angine qui ne se déclare jamais et je ne sors plus sans mon foulard. Pour moi, c’est comme une protection. Même si je sais que cela ne va rien changer au processus. Mes analyses ont montré que j’avais des anticorps positifs pour une probable autre maladie auto-immune qui se cache derrière celle-ci…

Alors oui ce n’est pas un cancer, mais ce n’est pas une raison pour banaliser cette maladie, car on souffre pour la plupart. Se sentir emprisonnée dans un corps d’une vieille de 80 ans ce n’est pas drôle du tout. Alors, à ceux qui se permettent de juger, arrêter s’il vous plaît et respecter la souffrance des autres. Personne n’est à l’abri. Une phrase maladroitement dite peut faire très mal de la part d’un ami ou membre de la famille.

À ceux et celles, qui comme moi se battent chaque jour contre cette satanée maladie et son lot de symptômes, ne laissez pas cette saleté vous envahir et vivez à fond même avec elle!! Je ne vous promets pas que cela sera plus facile, mais se laisser mourir n’est pas la solution. Il faudra être patient (e) et le mot d’ordre avec vous-même sera la tolérance. 

Je m’excuse encore de mon absence ici, les semaines passées et futures, vont être chargées en rendez-vous de médecins et spécialistes. La routine, paraît-il avec cette maladie. On voit beaucoup de monde, mes nouveaux amis s’appellent: cardiologue, pneumologue, ORL, ophtamologue.

Je ne vous oublie pas, promis 😉

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